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Exposition « A l’assaut des murs de Buenos Aires » Mathieu Renault

aff_mathieu_renaultExposition présentée à la Maison de la Catalanité
du 14 janvier 2015 au 24 février 2016

mathieurenault.com

de l’arrachage et des affiches lacérées

De septembre à novembre 2015, Mathieu Renault a voyagé en Argentine dans le cadre d’une résidence d’artiste. C’est ce travail de collecte et de création autour d’affiches retirées des murs de Buenos Aires qui est dévoilé à partir du 14 janvier sur les murs de la Maison de la Catalanité.

Entre les rues de Montpellier aux murs toujours lourds de papier et l’Atelier du Nord au cœur de Figuerolles, Mathieu Renault arrache et travaille les affiches lacérées depuis cinq ans.

Il ne s’agit pas de collages – compositions de papiers collés – mais bien de creuser en aveugle dans l’épaisseur de ce qui s’est accumulé dans la rue, sur les murs, à la recherche de ce qui est caché, du sens qu’on découvre par accident ou déjà mis à vif dans la rue par un passant.
La démarche, depuis l’appropriation des techniques des Nouveaux Réalistes : J. Villéglé et R. Hains jusqu’aux recherches graphiques par le dessin et la peinture comme bistouri dans la matière papier, ne cesse de s’enrichir d’elle-même : par le travail et par la vie de la matière, indépendante, surprenante, collective.
On doit considérer l’affichage dans les rues tel un gigantesque palimpseste : des écrits, des symboles, du sens et des couleurs qui se superposent les uns aux autres sur les murs quotidiennement, comme si chaque jour nous devions nous écrire de nouveau, afficher ce que nous aimons et ce que nous sommes.
L’arrachage est une tentative de décryptage esthétique du palimpseste d’une société, de cette réécriture quotidienne que se propose un ensemble d’individus en mouvement et qui est d’une nécessité absolue s’ils souhaitent rester en mouvement.
L’arrachage et le lacérage d’affiches doivent permettre de lire à travers ces accumulations d’écrits, de symboles, des sens et de couleurs. Les accidents, les trous et les déchirures constituent l’alphabet urbain et poétique nécessaire.
Arracher, inventer et conserver ces mues d’une ville et de ses passants revient à leur offrir une mémoire de ce qu’ils sont.
En mêlant la concrétion sociale et physique de l’accumulation d’affiches à ses propres sujets et personnages, entre les lignes intimes de chacune de ces figures, à travers les strates aléatoires de papier, Mathieu Renault procède à une identification de ce que nous sommes ou imaginons être, en quête de ce qui pourrait être une identité secrète, poétique et collective.

Maison de la Catalanité
Place Joseph Sébastien Pons – Perpignan
ouvert du lundi au vendredi de 9 heures à 17 heures

Informations :
Tel : 04 68 08 29 35