Menu

Palau del Vidre – Église Sainte-Marie

Ouverture : contacter la mairie au 04 68 22 14 17

Tabernacle
Chapelle sud
1609
Honorat Rigau Major
Huile sur bois, dorure
H : 87 x  l : 69,5  x pr. : 39 cm.
Classé Monument historique au titre objet le 06/05/1975

Cliquez sur l’image pour voir la galerie

Ce tabernacle était jadis placé  contre le retable du maître-autel avant la destruction de celui-ci, à la suite de travaux de transformation de l’église en 1972-1973. Ce meuble, destiné à accueillir  le ciboire contenant les hosties consacrées au cours de la messe, est l’œuvre de Honorat Rigau, peintre perpignanais. Il lui fut commandé le 28 mars 1609 par Magi Valenti, consul de Palau-del-Vidre et Joan  Pere Joli, fabricien de l’église paroissiale. On en conserve d’ailleurs le contrat.
Ce tabernacle reproduit une composition à l’antique, composé d’une base de colonnes à fût cannelé d’ordre ionique sur piédestaux qui séparent trois panneaux peints, surmontés par un entablement. A l’intérieur, quatre colonnettes dorées permettent de soutenir celui-ci quand le tabernacle est ouvert.
La fonction de ce type de mobilier détermine l’iconographie qui y est présentée, s’orientant généralement autour du thème de l’Eucharistie. Ici,  sur la face, de part et d’autre de la porte, on trouve saint Pierre (à gauche) et saint Paul (à droite) ; disposition traditionnelle consistant à représenter les deux apôtres les plus proches de Jésus sur les tabernacles. Les deux anges, sur la porte, tenant l’ostensoir font partie de l’iconographie habituelle, ce dernier rappelant que l’eucharistie est portée en procession  lors de fêtes religieuses. Au revers de la porte, le Christ de la Résurrection, debout sur le globe terrestre, porte le phylactère blanc orné d’une croix rouge. A l’intérieur, un panneau avec un Christ de l’Eucharistie tenant le calice et l’hostie permet la fermeture du tabernacle. Ensuite saint Jean l’Évangéliste (à gauche) et la Vierge Marie (à droite) sont représentés.
Certaines figures de ces panneaux (le Christ, les anges ou encore saint Pierre) sont similaires dans d’autres œuvres d’Honorat Rigau ; il en va de même pour l’utilisation de la palette lumineuse employée pour ces peintures. Ces ressemblances évidentes permettent d’attribuer au peintre l’exécution d’un certain nombre de retables moins documentés, tel que celui de Montalba d’Amélie (Amélie les Bains).
Au total, avant l’intervention des restaurateurs du CCRP, on compte cinq restaurations successives ayant amenées leurs lots de repeints et de modifications.
Manifestement, le tabernacle a été démonté et remonté : le contrat de 1609 stipule qu’il existe deux portes sur les côtés : à l’intérieur de ses portes se trouvent deux peintures, l’une de la Vierge, et l’autre de saint Jean l’Evangéliste. Les peintures s’y trouvent encore, mais les portes ont été soudées. A l’intérieur, des crochets qui prouvent l’ancienne mobilité de ces panneaux, sont encore en place. Les portes latérales devaient jadis s’ouvrir et laisser apparaître les peintures. La porte centrale a été tournée : le contrat précise que les anges ailés qui se situent aujourd’hui à l’extérieur devaient être à l’intérieur, et inversement pour le Christ Ressuscité qui devait se trouver à l’extérieur.

 


Crucifixion
Transept
Vers 1489
Maître de Canapost (attribution)
Huile sur bois
H : 127  x  l : 128  cm
Classé Monument historique au titre objet le 03/03/1954

Cliquez sur l’image pour voir la galerie

Ce panneau représentant la Crucifixion était auparavant intégré au retable de la Vierge de cette église. Datant d’une époque antérieure, vraisemblablement de la fin du XVe siècle, il faisait partie d’un autre ensemble et fut déplacé et installé dans le transept.
Lorsqu’il faisait encore partie intégrante du retable de la Vierge, le tout est longtemps resté en dépôt à la cathédrale de Perpignan. Une fois dissociée, la Crucifixion fut exposée  au Centre d’Art Sacré de l’Hospice d’Ille-sur-Têt avant de retrouver son affectation d’origine en 1998 dans l’église de Palau del Vidre.
Cette crucifixion, exécutée vers 1489, est attribuée au maître de Canapost, auteur du retable de la commune éponyme conservé au Musée d’Art de Gérone. Certains reconnaissent cet artiste comme étant Rafael Tamaro, chanoine de Perpignan, qui exécuta notamment le retable de la Loge de mer  de Perpignan (exposé au Musée H. Rigaud).
Les œuvres de ce peintre autochtone se distinguent par une influence marquée de la peinture septentrionale, dans le traitement des figures mais aussi des drapés. La manière de représenter ici, la Crucifixion est relativement similaire à celle du retable de Canapost.
Le Christ crucifié se dresse au centre de la composition. A gauche, se tient le groupe des saintes femmes, à droite un groupe constitué de soldats, dignitaires, religieux.  Au second plan se dressent les deux croix, celle du bon larron et celle du mauvais. Une route part du centre et serpente vers l’arrière-plan assurant une profondeur à la composition. Les murailles d’une ville se dressent sur la colline.


Prédelle
1560-1570
Anonyme
Huile sur bois dorure
H : 98 x l : 367,5 cm
Classé Monument historique au titre objet le 30/03/1954

Cliquez sur l’image pour voir la galerie

Cette prédelle (partie inférieure d’un retable) était auparavant intégrée au retable de la Vierge. Datant d’une époque antérieure, vraisemblablement de la fin du XVe siècle, elle faisait partie d’un autre ensemble et est désormais présentée indépendamment.
La prédelle se compose de cinq panneaux peints en forme d’arcature, représentant les scènes de la Passion du Christ.
La première scène à gauche représente l’Agonie du Christ au jardin des Oliviers. Jésus en prière, aux prises de l’angoisse de sa mort prochaine, est consolé par un ange, tandis que les apôtres (saint Jean à droite) sont endormis. Les autres arcatures présentent les scènes « classiques » de la Passion : la Flagellation, le Couronnement d’épines, le Portement de Croix. Au centre de la prédelle, une Crucifixion occupe l’arcature la plus vaste.


Retable de la Vierge
Choeur
Vers 1580- 1590
Antoni Peytaví et Joan Perles (attribution)
huile sur bois, dorure
H : 400  x  l : 500
Classé Monument historique au titre objet le 30/03/1954

Cliquez sur l’image pour voir la galerie

A l’origine, l’ensemble des éléments constituant ce retable était en dépôt au Vieux Saint-Jean, à Perpignan. En effet, en 1974, ce retable  a été sauvé in extremis par le service des Monuments Historiques  après la destruction volontaire dans les mois précédents de trois retables des XVIIe siècle et XVIIIe siècle, ainsi que de nombreuses autres pièces du mobilier à l’occasion de travaux de rénovation.
Aujourd’hui tous les éléments ont rejoint l’église de Palau del Vidre, le panneau de la Crucifixion étant exposé à part. La prédelle, quant à elle, provenant d’un ensemble antérieur au retable a été déposée ; elle est également présentée séparément à l’heure actuelle.
Les panneaux peints auraient été exécutés entre 1580 et 1590, période pendant  laquelle les échanges de part et d’autre des Pyrénées sont constants. La peinture est alors principalement marquée par les ateliers autochtones. Ici ces panneaux représentant des épisodes de la vie de la Vierge et du Christ sont attribués à Antoine Peytavi, actif dès 1565, associé à Jean Perles peintre originaire de Peralda.
Parmi les scènes représentées on distingue l’Annonciation, la Visitation – la Vierge rendant visite à sa cousine Elisabeth alors enceinte de saint Jean-Baptiste .
Ensuite trois scènes évoquent la jeunesse du Christ : l’Adoration des bergers, la Circoncision et Jésus au milieu des Docteurs. Lors de ce dernier épisode, Jésus, âgé de douze ans, annonce aux théologiens juifs l’existence du messie dont la venue était prédite par le prophète Isaïe.
La Résurrection,  la Pentecôte (la colombe du saint Esprit descendant sur les apôtres) et l’Ascension, constituent les panneaux du troisième registre du retable. A droite, dans le second registre figure la Dormition de la Vierge.